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Multiple d’EBITDA par secteur : valoriser une entreprise

Pour une PME française, le multiple d’EBITDA se situe le plus souvent entre 3 et 10 selon le secteur : la valeur de l’entreprise est son EBITDA retraité multiplié par ce coefficient. Les sociétés cotées européennes se traitent plus haut, de 8 à plus de 20 fois l’EBITDA selon le secteur (Damodaran, janvier 2026). Les deux tableaux ci-dessous donnent les fourchettes de transaction pour une PME et les multiples des sociétés cotées, secteur par secteur.

Qu’est-ce que l’EBITDA ?

L’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization) correspond au résultat d’exploitation avant déduction des intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions. En français, on parle d’Excédent Brut d’Exploitation (EBE).

C’est l’indicateur de référence pour mesurer la rentabilité opérationnelle d’une entreprise, indépendamment de sa structure financière et de sa politique d’amortissement.

EBITDA = Chiffre d’affaires − Charges d’exploitation (hors amortissements et provisions)

Comment fonctionne la valorisation par multiple ?

La formule est directe :

Valorisation = EBITDA × Multiple sectoriel

Un multiple de ×5 sur un EBITDA de 300 000 € donne une valorisation indicative de 1 500 000 €.

En pratique, on calcule une fourchette (multiple bas / multiple haut) plutôt qu’une valeur unique, car le multiple retenu dépend de facteurs qualitatifs : récurrence du chiffre d’affaires, dépendance aux personnes clés, concentration clients, visibilité sur les commandes futures.

Multiple d’EBITDA par secteur pour une PME : fourchettes de transaction

Ces fourchettes sont issues des transactions observées sur le marché M&A français en 2024 et 2025, principalement sur des entreprises réalisant entre 500 K€ et 10 M€ de chiffre d’affaires.

Secteur Multiple bas Multiple haut Notes
Tech / SaaS×6×10ARR récurrent, scalabilité élevée
Santé / Médical×5×8Forte barrière réglementaire
Hôtellerie / Tourisme×5×9Dépend fortement du fonds de commerce
Industrie×4×6Actifs corporels, carnet de commandes
Agroalimentaire×4×7Marques et circuits de distribution
Retail / Commerce×3×5Sous pression du e-commerce
Services B2B×3×6Récurrence et concentration clients déterminantes
Logistique / Transport×4×6Contrats long terme valorisés
BTP×3×5Dépendance au carnet et aux sous-traitants
Note méthodologique : Ces multiples s’appliquent à un EBITDA normatif, c’est-à-dire retraité des éléments exceptionnels et des rémunérations non-marché du dirigeant. Un EBITDA retraité donne une image plus fidèle de la rentabilité cessible de l’entreprise.

Multiples VE/EBITDA des sociétés cotées européennes par secteur (janvier 2026)

Pour comparer les secteurs entre eux, la référence la plus suivie est la base d’Aswath Damodaran (NYU Stern), mise à jour chaque mois de janvier. Ces multiples sont ceux des sociétés cotées européennes à EBITDA positif : valeur d’entreprise (capitalisation plus dette nette) divisée par l’EBITDA, agrégée par secteur.

Secteur VE / EBITDA Sociétés
Éditeurs de logiciels×20,9290
Équipements électriques×18,9146
Produits de santé et dispositifs médicaux×17,0163
Machines et équipements industriels×15,0210
Commerce spécialisé×14,1105
Services aux entreprises et aux particuliers×12,8176
Services de santé×12,647
Transport et logistique×12,656
Agroalimentaire×12,4173
Restauration×12,138
Services informatiques×12,0210
Distribution professionnelle et négoce×11,6117
Fournitures pour la construction×11,0119
Hôtellerie et jeux×10,9103
Éducation et formation×10,518
Environnement et déchets×10,448
Ingénierie et construction×9,7160
Publicité×8,483

Source : Aswath Damodaran, NYU Stern, Damodaran Online, fichier « EV/EBITDA, Europe », mise à jour du 5 janvier 2026. Extrait de 18 secteurs sur 93.

Coté n’est pas PME : une PME non cotée se cède nettement en dessous de ces multiples. Elle est plus petite, ses titres ne s’échangent pas en bourse, et elle dépend souvent de son dirigeant ou de quelques clients. Ces chiffres servent à situer un secteur par rapport aux autres et à fixer un plafond, pas à donner un prix : pour une PME, partez des fourchettes de transaction du tableau précédent.

Les facteurs qui font varier le multiple

À la hausse

À la baisse

Valorisation par multiple vs autres méthodes

La méthode des multiples est la plus utilisée en pratique pour les TPE-PME car elle est rapide, comparable au marché et compréhensible par toutes les parties.

DCF (Discounted Cash Flows) · actualisation des flux de trésorerie futurs. Plus précise sur le long terme, mais sensible aux hypothèses de croissance et de taux d’actualisation.

Actif net réévalué (ANR) · valeur des actifs nets après réévaluation au prix de marché. Pertinente pour les sociétés holding ou à forte intensité capitalistique.

LBO (Leveraged Buy-Out) · valorisation par la capacité de remboursement d’une dette d’acquisition. Utilisée par les fonds de private equity, pertinente pour les cibles > 2 M€ d’EBITDA.

En pratique, un expert M&A triangule ces trois méthodes pour proposer une fourchette de valeur défendable.

Vous préparez un entretien ? En M&A et en private equity, ces notions se testent sur des cas chiffrés : voir le passage de la valeur d’entreprise à la valeur des titres, corrigé ligne par ligne, et un paper LBO corrigé, du prix d’entrée au TRI.

FAQ

Quel est le multiple d’EBITDA par secteur ?

Pour une PME française, les transactions se font le plus souvent entre 3 et 10 fois l’EBITDA retraité selon le secteur : de 3 à 5 dans le BTP ou le commerce, de 4 à 6 dans l’industrie, de 6 à 10 dans les logiciels. Les sociétés cotées européennes se traitent plus haut : par exemple 9,7 dans l’ingénierie et la construction, 12,8 dans les services aux entreprises et 20,9 chez les éditeurs de logiciels (Damodaran, janvier 2026).

Quel EBITDA utiliser : le dernier exercice ou la moyenne des 3 ans ?

La pratique de marché retient généralement la moyenne des 3 derniers exercices retraités, avec une pondération plus forte sur les exercices récents. Si l’entreprise est en forte croissance, on peut utiliser un EBITDA prévisionnel (N+1) validé par un business plan crédible.

Comment calculer son EBITDA à partir d’un bilan ?

EBITDA = Résultat net + Impôts + Charges financières nettes + Dotations aux amortissements et provisions. Ces données sont directement disponibles dans le compte de résultat et l’annexe comptable.

Un EBITDA négatif peut-il donner une valorisation positive ?

Oui, dans certains cas : notamment pour des startups SaaS en phase de croissance où la valorisation est basée sur un multiple de revenus récurrents (ARR). Pour les TPE-PME traditionnelles, un EBITDA négatif rend la méthode des multiples inapplicable.

Quelle est la différence entre EBITDA et EBE ?

L’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) est l’équivalent français de l’EBITDA, calculé selon les normes comptables françaises (PCG). Les deux concepts sont proches mais peuvent diverger légèrement selon le traitement de certaines charges.

Faut-il faire appel à un expert pour valoriser son entreprise ?

Pour une cession effective, oui. Pour un premier ordre de grandeur dans le cadre du pilotage stratégique, la méthode des multiples appliquée à votre EBITDA réel donne une indication fiable et immédiate.

Streamiku applique ces multiples à l’EBITDA réel de votre entreprise, tiré de vos comptes, et les croise avec le DCF et le LBO pour donner une fourchette de valeur, sans téléversement ni intermédiaire.

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